Ceci est un dossier publié au sein du journal Particule, #3.

Quand les agriculteurs biologiques gênent

Illustration Pollution de l'eau, érosion des sols, désertification des campagnes, prolifération des algues vertes… La campagne bretonne est malade du modèle agricole productiviste.

Face à ce dernier, l'agriculture biologique se pose comme une alternative. Le ministère de l'agriculture semble l'avoir bien compris : les agriculteurs biologiques, organisés en Groupement d'agriculteurs biologiques (GAB) au niveau départemental et dans la Fédération Nationale (FNAB), ont trouvé, en la personne du ministre Louis Le Pensec puis de son successeur Jean Glavany, une oreille attentive. Depuis le plan Ricquois de 1997, le gouvernement a décidé de soutenir sérieusement l'agriculture biologique et de rattraper le retard de la France par rapport aux pays d'Europe du Nord et à la Suisse.

Le but : être au moins autosuffisant en produits bio. La loi sur les contrats territoriaux d'exploitation (CTE, passés entre l'agriculteur et l'Etat), mise en œuvre depuis l'année dernière, devait y contribuer fortement. Pour obtenir les financements attachés au CTE l'agriculteur s'engage sur trois points : la viabilité économique de son exploitation, le respect de l'environnement et la prise en compte de la dimension sociale. Avec les CTE, l'aide à la conversion en agriculture biologique a été multipliée par quatre.

Maintenant, le paysan qui se convertit peut toucher 800 000 Francs sur cinq ans dans le cadre d'un CTE, contre 150 000 Francs sur deux ans avant ces contrats. Cependant, en Ille-et-Vilaine, les représentants et techniciens d'Agrobio (le GAB 35) ne sont pas satisfaits. Ils estiment qu'outre les importants freins psychologiques après 40 ans de productivisme, le développement de la bio est freiné délibérément par les administrations et organismes professionnels conventionnels. Le dispositif des CTE a mis du temps à se mettre en place. Très peu d'agriculteurs se sont convertis.

La Direction départementale de l'agriculture et de la forêt (DDAF) n'a pas invité Agrobio à la Commission départementale d'orientation agricole (CDOA). Pire, certains fonds destinés au développement de la bio ont failli passer sous le nez d'Agrobio. Quant à la Chambre d'agriculture, elle oublie parfois un peu ses techniciens bio. Enquête.

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particule/archives/3/quand_les_agriculteurs_biologiques_genent.txt · Dernière modification: 2008/11/30 18:59 par arnaud
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